La guerre d’Algérie a entrainé le rapatriement de plus de 17 000 pieds noirs en Corse.

Plutôt que de les faire venir en France continentale, le gouvernement Français de l’époque décide de les installer principalement en Corse dans la plaine orientale qui comporte de nombreuses terres agricoles. la SOMIVAC viabilise les terres appartenant aux Corses puis en donne près de 90% aux rapatriés au détriment des Corses qui eux doivent les payer. La révolte commence à gronder au sein de la population Corse.

En 1957 est créée par l’État français la SOMIVAC (Société pour la mise en valeur de la Corse) qui aménage un vignoble dans la plaine orientale d’Aléria1. Elle attribue de nombreux lots de terrains aux nouveaux rapatriés d’Algérie : en 1964-1965, 75 % des terres (dont la plupart non exploitées jusqu’alors) sont distribuées aux pied-noirs2 dont quelques-uns plantent des cépages non sélectionnés, pratiquent la chaptalisation et vendent du vin frelaté. L’inculpation de grands négociants frauduleux provoque une campagne de presse qui aboutit au boycottage des vins corses, menaçant plus de 500 producteurs viticoles corses. Les nationalistes corses dénoncent ces colons producteurs détenant la majorité du vignoble corse, voulant le récupérer au profit de petits producteurs insulaires3.

Le mouvement de l’ARC de Edmond Simeoni, fervent défenseur de la Corse et de son écologie a mené déjà 2 combats majeurs en Corse. La lutte contre l’installation d’un centre d’essai nucléaire en Balagne ( site de l’Argentella ) soutenu entre autre par le commandant Cousteau. Puis son second combat sera celui des boues rouges Italiennes: ( La France avait donné l’autorisation au gouverement Italien de déverser ses déchets toxiques au large du Cap Corse alors réserve naturelle. Malgré la révolte de la population Corse emmenée par Edmond Simeoni, la France renouvela l’accord avec les Italiens. L’histoire se termina lorsqu’un commando armé de Corses est allé dynamiter en Italie les bateaux censés amener les déchets en Corse ).

Alors que le sentiment d’abandon par la France gronde en Corse, le nouveau combat d’Edmond Simeoni sera celui de la dénonciation de la fabrication de vin non conforme par les pieds noirs en Corse. Avec un petit commando de 12 hommes armés de fusils de chasse, ils décident d’occuper une cave viticole située sur la commune d’Aleria en août 1975 pour dénoncer les manipulations frauduleuses de son propriétaire d’origine pied noir qui menaçait de ce fait la survie de centaines de petits viticulteurs Corses.

Une révolte éclate le 21 août 1975 : une douzaine d’hommes armés, dont Marcel Lorenzoni, Jean-Marie Luciani, Jean-Pierre Susini, Jacques Fieschi, Léo Battesti, Jacques Paoli, entraînés par Edmond Simeoni, occupent illégalement la ferme d’Henri Depeille, un viticulteur endetté d’Aléria d’origine pied-noir suspecté d’être mêlé à ce scandale financier. Le dirigeant de l’Action régionaliste corse (ARC4) tente de justifier ce coup de force en ces termes :

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Le président de la République et le Premier ministre étant en vacances, c’est le ministre de l’Intérieur Michel Poniatowski qui décide d’y déployer 1 200 gendarmes et CRS afin de donner l’assaut avec l’appui de blindés et de six hélicoptères Puma, et faire sortir de la cave ses occupants5.

« Il s’agit de dévoiler le scandale des vins mettant en cause le propriétaire de la cave et plusieurs de ses amis négociants. Après avoir bénéficié de prêts exorbitants, les responsables des caves vinicoles ont mis sur pied une énorme escroquerie de plusieurs milliards d’anciens francs, au préjudice de petits viticulteurs. »

Le vendredi 22 août, face à la médiatisation de l’affaire, des jeunes corses sympathisants accourent de toute l’île pour soutenir les occupants. L’assaut des forces de l’ordre débute à 16 heures et voit la reddition des occupants de la ferme Depeille, après une fusillade de 3 minutes. Le bilan est de deux morts (le maréchal des logis chef Michel Hugel, âgé de 36 ans, et le gendarme Jean-Yves Giraud, âgé de 20 ans6) et quatre blessés par balles parmi les forces de l’ordre. Les militants ne déplorent quant à eux qu’un blessé grave (Pierrot Susini a le pied arraché). Les autonomistes quittent leur retranchement les armes à la main alors que de nouveaux renforts arrivent par hélicoptères. La foule tente alors de forcer les barrages, entonne l’hymne corse et finit par venir incendier les restes de la ferme et des bâtiments viticoles. Toute la nuit à Bastia ont lieu de violents affrontements7.

Mais tout ne se passera pas comme prévu, le président et le premier ministre alors en vacances d’été, ne s’occupent pas de cette occupation et ce sera le ministre des lintérieur ( michel Poniatowski ) qui en sera en charge… Il enverra 1 200 hommes avec des autos mitrailleuses pour les déloger. lors de l’affrontement final, 2 CRS seront tués et on comptera 1 blessé paris le commando Corse.

Les Corses se rendent soutenus par la population Corse

Quelques semaines après la condamnation d’Edmond Simeoni à la prison, des indépendantistes, dont certains ont fait partie du «commando» d’Aléria, annoncent la création du FLNC (Front de libération nationale de la Corse).

<a href="http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.fr">Contenu soumis à la licence CC-BY-SA</a>. Source : Article <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nements_d%27Al%C3%A9ria">Événements d'Aléria</a></em> de <a href="http://fr.wikipedia.org/">Wikipédia en français</a> (<a href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=%C3%89v%C3%A9nements_d%27Al%C3%A9ria&action=history">auteurs</a>)