Joseph Marie François Spoturno dit François Coty, né le 3 mai 1874 à Ajaccio et mort le 25 juillet 1934 à Louveciennes, est un industriel parfumeur français, à l’origine de la multinationale Coty Inc. II est considéré comme le père de la parfumerie moderne.

À la veille de la Première Guerre Mondiale, sa réussite financière fait de lui l’un des hommes les plus riches de France, ce qui lui permet d’agir en mécène et de collectionner les demeures historiques et les œuvres d’art, ainsi que d’ambitionner une carrière politique, cette dernière intéressant plus particulièrement les historiens.

Devenu sénateur de la Corse en 1923, cette élection est invalidée l’année suivante. Patron de presse, il exprime ses ambitions politiques personnelles, inspirées par le fascisme italien à travers différents organes de presse qu’il contrôle durant l’entre-deux-guerres. Parmi ceux ci figurent Le FigaroLe Gaulois et L’Ami du peuple, organe xénophobe, antisémite et anticommuniste rédigé par Urbain Gohier et Jacques Ditte.

Face à la montée des socialistes et des communistes à la Chambre, il subventionne divers mouvements de droite et d’extrême droite et en 1933 fait connaître son programme intitulé la Réforme de l’État et fonde le mouvement Solidarité française qui participe à la manifestation du 6 février 1934.

Peu avant l’avènement du Front populaire, il meurt à l’âge de soixante ans en 1934, grandement appauvri ; conséquence de son divorce, du coût de son empire de presse et des retentissements de la crise économique de 1929.

Sa famille paternelle, avait dès les années 1860, introduit la culture d’orangers en Corse. La distillation de la fleur d’oranger lui est familière depuis son enfance.

Il a l’idée d’associer les essences naturelles et les produits de synthèse. Coty comprend que le parfum, jusque-là réservé à une élite, peut devenir un produit de grande consommation permettant ainsi à la parfumerie d’entrer dans l’ère industrielle. Il est d’ailleurs considéré comme le créateur de la parfumerie moderne

En 1904, toujours à la période de la Belle Époque, il crée sa société puis sa propre usine sur les bords de la Seine à Suresnes, la « Cité des parfums ». Elle sera suivie de nombreuses autres installations : dans l’île de Puteaux pour les conditionnements métalliques, à Neuilly-sur-Seine pour les boîtes de cuir et de carton, à Pantin et aux Lilas pour les flacons. Dans ses usines, des crèches sont installées pour permettre à ses ouvrières de travailler sereinement. Il verse à ses employés des congés payés et des retraites généreuses. Flacon Lalique Ambre antique pour Coty

Coty comprend l’importance pour les ventes, du conditionnement, de l’emballage, de la présentation, faisant appel à l’artiste joaillier et verrier René Lalique qui crée pour lui le flacon de L’Effleurt, puis celui d’Ambre antique, mais aussi à Baccarat et au décorateur Léon Bakst, les étiquettes en papier gaufré doré à chaud sont imprimées par la maison Draeger ; il résume ainsi sa philosophie commerciale : Donnez à une femme le meilleur produit que vous puissiez préparer, présentez-le dans un flacon parfait d’une belle simplicité, mais d’un goût impeccable, faites le payer un prix raisonnable, et ce sera la naissance d’un grand commerce tel que le monde n’en a jamais vu.

Il remporte de grands succès commerciaux avec La Rose Jacqueminot (1904), L’Origan (1905), Ambre Antique (1908), Le Muguet (1910), Lilas blanc (1910), Iris (1913), premier parfum soliflore, et surtout Chypre, lancé en 1917, qui donne naissance à une nouvelle famille olfactive, et dont le succès durera des décennies. Son souhait est que chaque femme ait sa propre fragrance subtile, celle qui convient à son style et qui exprime réellement sa personnalité. Il diversifie également sa gamme avec, outre des parfums, des crèmes, des savons, des sels de bain, des rouges à lèvres et la poudre « L’Origan », dans sa célèbre boîte orange et blanc, qui se vend à 16 millions d’exemplaires par an en France. Ce succès suscite des contrefaçons et ses innovations inquiètent les parfumeurs concurrents du Syndicat national de la parfumerie française .

Alors que les parfumeurs ne commercialisaient leurs créations que dans leurs propres boutiques, Coty, qui dispose d’un magasin ouvert en 1905 rue La Boétie et d’un autre au 23 place Vendôme à Paris, décide de vendre ses parfums dans les grands magasins, se heurtant d’abord au scepticisme de ceux-ci. Mais, comme l’indique Le Petit Journalun jour prenant une caissette d’échantillons, il se rend dans l’un des plus grands magasins de Paris pour y proposer ses parfums. Dans l’un des salons du magasin, une cliente par mégarde le heurte : l’un des flacons tombe et se brise. Aussitôt se répand un parfum d’une délicatesse rare. Les personnes présentes s’émerveillent et ce sont alors les acheteurs eux mêmes qui prient François Coty de venir les trouver. Les commandes commencent à affluer, et peu à peu le succès s’affirme..

À la veille de la Première Guerre mondiale, les parfums Coty sont no 1 dans le monde, avec des succursales à MoscouNew YorkLondres et Buenos Aires, et Coty est déjà très riche. En 1917, dans la tourmente de la Révolution russe, ses magasins, usines, stocks, comptes et dépôts au Crédit Lyonnais de Moscou (soit près de 4 millions de Francs de l’époque) sont tout simplement confisqués par les Bolcheviques.

Durant la Première Guerre mondiale, il soutient l’association Les Jouets de France, créée en 1917 par son ami François Carnot (fils du Président Sadi Carnot). Dans les usines de l’Île de Puteaux, qu’il finance, des menuisiers forment des mutilés de guerre pour créer et assembler des jouets en bois pour les enfants. Il accueille également les blessés de guerre dans sa résidence de Longchamp et au château d’Artigny.

En 1918, pour relancer les ventes, Coty a l’idée de conditionner ses parfums en petits flacons, cadeaux que les soldats revenus du front vont rapporter à leur épouse ou à leur bien aimée.

En 1920, la fortune de Coty se compte en centaines de millions de francs ; il est considéré alors comme l’un des hommes les plus riches du monde.

François Coty s’éteint à Louveciennes, des suites d’une double congestion pulmonaire et cérébrale, le 25 juillet 1934, âgé de soixante ans. Il est inhumé dans le cimetière de Montbazon, puis transféré à Ajaccio vers la fin des années 1960. Il repose dans l’ancien cimetière marin U Campu Santu di u Canicciu.

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