15 Mai 1768: Traité des Versailles: Gênes ruinée vend la Corse et ses habitants à la France. Pourtant à cette époque, la Corse est un état indépendant.

« Il reste à savoir si les hommes ont le droit de vendre d’autres hommes » VOLTAIRE

Pasquale Paoli, père de la patrie, soulèvera une armée de 20 000 hommes. La France enverra la plus grande armée d’Europe contre les Corses: 30 000 hommes.

La guerre est inévitable. Lors des premières escarmouches, les Corses remportent quelques succès. Mais l’affrontement final aura lieu le 8 et 9 mai 1769 à Ponte Novu.

La bataille de Ponte-Novo est le point final des affrontements entre les troupes de Pascal Paoli — composées de Corses et de mercenaires allemands et suisses — et les armées du roi de FranceLouis XV, aidées de soldats corses du parti français. Ouvrant aux grenadiers français la route de Corte, capitale de la République corse, cette bataille marque la fin de la seconde et dernière phase de la conquête de la Corse par la France.

Après la défaite subie à BorgoLouis XV changea sa tactique: il tenta d’abord, à plusieurs occasions et sans succès, de faire assassiner Pascal Paoli et essaya de corrompre certains de ses lieutenants . Du côté corse, l’armée nationale pouvait compter sur 20 000 hommes, dont des mercenaires prussiens et suisses, mais disposant de très peu de canons.

Afin d’en finir avec le gouvernement corse de Pascal Paoli, le commandement français décide de se porter sur Corte en passant par le passage du Golo à Ponte Novu.

Le comte de Vaux décide d’engager dans cette action 30 000 hommes. Du 1er au 4 mai, il met en place son dispositif. Alors qu’il commande la force principale, au centre, son aile droite est commandée par le colonel d’Arcambal2 et son aile gauche est sous le commandement de Marbeuf.

Pendant ce temps, 2 000 hommes des troupes corses, dont des mercenaires prussiens et suisses, sous le commandement d’Antoniu Gentili (futur gouverneur militaire de Corfou sous le Directoire), se positionnent à Ponte Novu pour bloquer la progression des troupes françaises.

Le 8 mai, voulant reprendre Lento aux Français, Pascal Paoli décide d’attaquer le village de 3 côtés. Les troupes commandées par Pietru Colle, du Rustinu, mènent l’attaque principale vers Tenda et Lento dans la vallée du Golo où sont stationnées les troupes du comte de Vaux. Après un premier assaut acharné, les troupes françaises plient, les troupes corses progressent. Les renforts français venus de Lento et Canavaggia repoussent les troupes corses. Une contre attaque française oblige les Corses à se retirer, en ordre, sur la rive droite du pont, côté Rostino, où 1 200 soldats français avaient déjà pris place et les attendaient sur les hauteurs.

Assaillis de tous les côtés, les Corses tentent alors de repasser sur l’autre rive, mais dans le désordre, mêlé à la confusion dans le commandement ; les troupes en retraite de Pietro Colle se font tirer dessus par les mercenaires prussiens chargés de défendre le pont. Ne comprenant pas leur langue, les Prussiens alliés tirent et abattent les Corses par mégarde.

Assaillies d’un côté par les Français et empêchées de l’autre de passer le pont, les troupes corses sont laminées. Il faut relativiser les pertes, d’un côté comme de l’autre ; à titre d’exemple, les grandes batailles napoléoniennes avec les plus grandes armées de l’époque et un armement plus meurtrier, causaient rarement plus de 15 000 morts.

Voltaire, dans Le Précis du Siècle de Louis XV (1re édition en 1768)4, écrit, admiratif, à l’occasion de ce combat :

Les Français cherchaient à capturer Pascal Paoli, qui réussit à s’échapper, avec 300 fidèles, en s’embarquant à Porto-Vecchio le 13 juin 1769 pour Livourne.

« L’arme principale des Corses était leur courage. Ce courage fut si grand que dans un de ces combats, vers une rivière nommée Golo, ils se firent un rempart de leurs morts pour avoir le temps de recharger derrière eux avant de faire une retraite nécessaire ; leurs blessés se mêlèrent parmi les morts pour affermir le rempart. On trouve partout de la valeur, mais on ne voit de telles actions que chez les peuples libres. »

À la suite de cette défaite, Paoli prendra le chemin de l’exil. Il faut noter que dans les mois qui suivirent, près d’une centaine de familles corses, parmi les plus influentes, furent anoblies par Louis XV, dont la plupart de celles qui avaient participé à la bataille aux côtés de Paoli (l’exemple des Bonaparte est le plus connu).

Ponte Novu marque la fin de l’indépendance Paoliste, qui aura donc duré quatorze ans, de 1755 à 1769. Ainsi s’achève le rêve d’une Corse indépendante, dotée d’une constitution, d’un drapeau (qui précède notamment le drapeau tricolore ), de sa monnaie, son armée, sa marine, son université, où sont admis des boursiers sélectionnés selon leurs mérites, et où, sous la condition d’être chef de famille, les femmes avaient le droit de vote —

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Bataille de Ponte-Novo de Wikipédia en français (auteurs)