San Michele est une petite église d’architecture romane, l’une des plus belles de Corse. Isolé à 475 mètres d’altitude, la légende veut qu’il ait été bâti par des anges en une nuit : Elle était stratégiquement située pour servir de point de rassemblement pour les populations environnantes isolées. 

Datée du milieu du 12ème siècle sans doute vers 1140, elle a été consacrée vers 1280. Elle fut édifiée alors que la Corse était gouvernée par Pise. Son style typiquement pisan, polychrome (bicolore), reconnaissable par l’alternance de pierres de couleurs verte (serpentine) et blanche (calcaire), assemblées en dessinant irrégulièrement des damiers et des zébrures, est semblable aux prestigieux édifices de Pise (tour, cathédrale et baptistère) et à de nombreuses églises de Toscane. Mais elle en diffère, notamment par sa taille beaucoup plus petite, comme la plupart des édifices insulaires pisans qui ne sont que des chapelles ou de petites églises.

L’édifice est classé au titre des monuments historiques depuis 1840. En 1839, Mérimée évoquait Saint-Michel (San Michele di Muratu) comme « la plus élégante et la plus jolie église qu’il ait vu en Corse ».

L’église est de plan simple, constituée d’une nef unique prolongée d’une abside semi-circulaire. Comme dans la grande majorité, la nef est orientée sur un axe est/ouest, l’abside à l’est, la façade principale à l’ouest. Le haut des murs est orné de lombardes (arcatures sur modillons). En 1855, le clocher porche fut réhaussé par Achille Murati – petit fils du lieutenant de Pascal Paoli à la demande de la population qui désirait mieux entendre la cloche)

La façade occidentale, la principale, est ornée d’un clocher-porche soutenu par deux piliers cylindriques et massifs. L’abside est dotée d’une fenêtre-meurtrière.

L’église présente de remarquables motifs naïfs que l’on retrouve sur ses murs et qui sont étonnants par leur fantaisie et leur variété : les modillons représentent des personnages (homme et femme) ainsi que divers animaux. L’édifice est ceinturé d’une frise formée de petites arcades aux bases sculptées de motifs divers : gerbes de blé, pièces, main coupée, ciseaux. Présentes sur chaque façade, les étroites fenêtres-meurtrières sont ornées de remarquables linteaux, frises et entrelacs de serpents.

Le clocher-porche carré soutenu par de lourdes colonnes appareillées clair et sombre, a été surélevé au xixe siècle. Sous les arches du clocher, trois arcatures animent la façade, au-dessus de la porte principale. Ces arcatures doubles, de largeurs différentes, sont appareillées en alternance de claveaux clairs et sombres. L’arcature de droite est moulurée de plusieurs tores. Les modillons sont sculptés d’animaux, rappelant ceux qui ornent la façade de l’église de la Trinité d’Aregno.

L’intérieur de l’église était orné de peintures monumentales figurant une Annonciation dans un décor géométrique. Classées sur la liste des monuments historiques en 1908, elles sont aujourd’hui à l’état de vestiges.

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