Peu aimé en France, Pascal Paoli, héros corse du XVIIIe siècle, est considéré comme l’opposant à la cause française, chef d’un Etat Corse qui a existé de 1755 à 1769. Il est regardé comme un grand homme ailleurs dans le monde surtout en Angleterre et aux Etats-Unis. Les généalogies et les réseaux des familles corses, permettent de mieux appréhender la complexité du personnage souvent caricaturé en chef des nationaux, ancêtre des nationalistes et indépendantistes.

Gènes avait crée une instance consultative appelée les « nobles 12 ». 6 de Haute Corse et 6 de Corse du sud. Hyacinthe Paoli le père de Pasquale Paoli y siégeait. Ils étaient chargés de dire à Gènes ce qui allait ou n’allait pas en Corse.

Lorsque la guerre de 40 ans a commencé en 1829, pour une histoire d’impôt qu’un malheureux ne pouvait pas payé parce qu’il était totalement démuni, ça a été la première révolte importante dirigée entre autre par Hyacinthe Paoli. Ils demandaient de mieux traiter les Corse et la Corse et de leur conférer l’autonomie. Gènes ne bougea pas et il y a eu en Corse la nomination d’un gouvernement séparé qui était animé par Hyacinthe Paoli.

Les Génois se sont battus en faisant appel d’abord aux Allemand puis ensuite aux français en 1738. Les Français lancèrent une première expédition en Corse durant 3 ans. Seulement les Français supérieurs avaient reçu comme instruction de ne pas combattre les Corses les armes à la main, laissant ce soin aux Génois. Ils étaient là pour rétablir la paix et la maintenir. ils voulaient créer un parti français afin de susciter la sympathie des Corses envers la France.

En 1749 il y a eu une négociation et Hacynthe Paoli est parti à Naples avec sa famille. Il est parti comme capitaine dans l’armée Napolitaine et son fils Pasquale Paoli alors âgé de 14 ans appris la Naples la manipulation des armes, la philosophie, tout un enseignement que l’on faisait à l’époque. Puis de Naples il a été sur l’île d’Elbe.

Lors de la consulte qui se réunit au couvent Saint-François de Caccia le 20 avril 1755, il est appelé par les principaux chefs corses révoltés contre Gênes. Il sera proclamé chef général de la Corse le 14 juillet 1755 et représentait une quinzaine de Pieve, pas toute la Corse. Au couvent d’Alesani, une autre consulta qui était composée de délégués plus nombreux ont proclamé Marie Emmanuel Matra » chef de la Corse qui lui défendait les Génois. Le 27 mars 1757, accompagné de peu de troupes, Pasquale Paoli est surpris dans le Bozio par Matra. Il se réfugie dans le couvent d’Alandu. Le 28 mars, alors que les hommes de Matra forcent l’entrée du couvent, Clemente Paoli arrive au secours de son frère et oblige les assaillants à se retirer. Mariu Emanuellu Matra est tué

En même temps Paoli met en œuvre un plan de modernisation de l’île en lui donnant une constitution, adoptée en 1755 au couvent de Caccia et retouchée à plusieurs reprises par la suite. Synthèse de traditions institutionnelles locales et des différents statuts que Gênes a appliqués à la Corse, l’acte constitutionnel y affirme la souveraineté populaire dans le préambule et reconnaît le droit de vote aux personnes de plus de 25 ans, dont les femmes (veuves ou célibataires), chargées d’élire, au niveau des consultes communales, les délégués de la Diète, qui détient le pouvoir législatif et élit elle-même un conseil d’État présidé par le général en chef, et un syndic chargé de veiller au bon fonctionnement de l’administration et de contrôler les magistrats. Cette constitution est la première constitution au monde à accorder le droit de vote aux femmes.

La Corse apparaît alors, aux yeux des philosophes, notamment Rousseau et Voltaire, comme le premier État démocratique de l’Europe des Lumières et Paoli comme un « despote éclairé ». Le philosophe milanais Giuseppe Gorani, l’un des plus chauds partisans de la liberté en Italie, vient collaborer avec lui à la cause de l’indépendance.

Sur le plan économique, Paoli introduit dès 1756 la pomme de terre en Corse, fonde L’Île-Rousse (1758-1765) dans le but de concurrencer les présides génois d’Algajola et de Calvi, et fait battre monnaie à l’effigie de la nation corse à Murato (1762).

Une « imprimerie nationale » est créée à Campoloro où sont publiés les Ragguagli dell’Isola di Corsica, sorte de journal officiel . Il crée une marine de guerre et fait de Corte la capitale de la Nation corse où siège le gouvernement. Il bat une monnaie saine, et interdit la vendetta.

Il crée en 1765 la première université, pour que les élites Corses qui seront appelées demain à gouverner puissent recevoir un enseignement supérieur au sein de la Corse. Il seront au début, 25 étudiants, le tout payé par le gouvernement de Pasquale Paoli. Mais où trouve-t-il l’argent? Ce sont en fait les curés qui payaient une dîme très importante. L’université en 1768 juste avant la guerre car les curés ne pouvaient pas payer plus. et la guerre approchant, Paoli avait besoin de cette argent pour constituer une petite armée.

Le royaume de France, désirant, pour des raisons stratégiques se positionner en Méditerranée, trouve l’opportunité politique de s’implanter en Corse lorsque la République de Gênes, chassée de Corse et criblée de dettes, vient demander l’aide de Louis XV.

Aux termes du traité de Versailles, signé le 15 mai 1768, la France prête deux millions de livres à Gênes, qui donne en garantie la Corse, qu’elle ne possède plus.

Ayant eu connaissance du traité de Versailles, Paoli réunit une consulte le 22 mai à Corte, à l’occasion de laquelle il déclare : Jamais peuple n’a essuyé un outrage plus sanglant […]. On ne sait pas trop qui l’on doit détester le plus de celui qui nous vend ou de celui qui nous achète […]. Confondons-les dans notre haine puisqu’ils nous traitent avec un égal mépris.

Bien décidés à défendre leur indépendance, les forces paolistes remportent plusieurs victoires face aux troupes françaises, la plus célèbre étant celle de Borgo le 5 octobre 1768, où le corps français (3 700 hommes) doit battre en retraite devant les 4 000 hommes de Paoli. Cependant, fortes de quelque 20 000 soldats, les troupes de Louis XV remportent une victoire décisive le 9 mai 1769 à Ponte Novu.

Les troupes corses mises en déroute, Paoli, contraint à l’exil, quitte la Corse. Il est successivement reçu par le grand-duc de Toscane, par l’Empereur, le stathouder des Pays-Bas, avant d’être reçu et accueilli par le roi de Grande-Bretagne le 13 juin 1769. La Corse perd du même coup son indépendance et voit les citoyens de sa démocratie passer au rang de sujets de Louis XV.

1 octobre 1796 : L’armée française reprend le contrôle de la Corse . Alors que Paoli s’est exilé à Londres, la Corse regarde avec envie la France qui doit en partie sa gloire à un Corse, Napoléon Bonaparte. Quant aux Anglais, c’est avec inquiétude qu’ils scrutent les mouvements de ce général impétueux. En octobre 1796, bien plus soucieux des îles britanniques que de la Corse, ils rassemblent leurs troupes et abandonnent l’île de beauté aux Français. Dès lors, bénéficiant rapidement d’un statut spécial sous Napoléon, la Corse ne quittera plus la France.

La victoire militaire des Français et l’exil de Paoli ne signifient pas pour autant que la Corse soit conquise. Les nombreuses insurrections qui éclatent dans l’île sont réprimées.

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