Napoléon Bonaparte fait partie des personnages les plus controversés de l’histoire de France : génie militaire et fin tacticien pour les uns, despote éclairé et tyran pour les autres, l’Empereur des Français a pourtant laissé une trace indélébile à travers la création de nombreuses institutions administratives.

On lui doit entre autres le Conseil d’Etat, la Cour de cassation, la Cour des comptes, la Banque de France en 1800, mais aussi les communes et départements, le Code Civil en 1804 repris dans plusieurs pays, les lycées, universités, le baccalauréat en 1808 !

Napoléon ayant de grandes ambitions pour Paris qu’il voulait « capitale de l’Europe », l’héritage du « petit caporal » se retrouve à travers la création de l’arc de triomphe dédié à la victoire de la bataille d’Austerlitz, sans oublier le Palais d’Orsay, le Palais Brongniart, les ponts d’Austerlitz, d’Iéna, et des Arts. 

Le destin de Napoléon 1er, aussi foudroyant que celui d’Alexandre le Grand, s’est accompli en moins de vingt ans, de son départ pour l’armée d’Italie (1796) à celui pour Sainte-Hélène (1815).

Il est également à l’origine de l’aménagement de nombreux quartiers de Paris et du numérotage des immeubles de la ville.

Né à Ajaccio en Corse en 1769, Napoléon Bonaparte rejoint le continent pour suivre des études militaires. Après avoir fréquenté les écoles militaires de Brienne et de Paris, il entre dans l’infanterie et est affecté en 1787 à Valence. En 1789, la Révolution française éclate. Bonaparte y prend part et se fait remarquer en 1793 lors du siège de Toulon contre les Anglais. 

Ses connaissances de la stratégie militaire, son habileté et son courage sur les champs de bataille lui permettent de monter en grade. Napoléon est nommé à la tête de l’armée d’Italie, qui est en piteux état. Malgré cela, il parvient à remporter avec elle plusieurs batailles contre les Autrichiens. En mars 1796, il épouse Joséphine de Beauharnais.

Inquiet devant la grande popularité du général Bonaparte, le Directoire cherche à l’éloigner de Paris. Il lui confie l’invasion de l’Égypte. Napoléon Bonaparte emmène avec lui une centaine de scientifiques qui ramèneront de cette campagne la pierre de Rosette. Juste avant la bataille des Pyramides, le 21 juillet 1798, Napoléon aura cette célèbre phrase :  » Du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent « .

Le Directoire affaibli, c’est pour l’ambitieux Napoléon l’occasion idéale pour agir. Les 18-19 Brumaire (novembre) 1799, il s’empare du pouvoir et se fait nommer Consul provisoire. C’est le coup d’Etat du 18 Brumaire. Il fait ensuite adopter une nouvelle Constitution qui le place officiellement à la tête de la France, en tant que Premier Consul. 

Le 24 décembre 1800, Napoléon échappe à un attentat rue Saint-Nicaise à Paris. L’attentat, qui fait une dizaine de morts, est attribué aux royalistes. Afin de mettre en garde tous ceux qui chercheraient à l’éliminer, Napoléon Bonaparte fait arrêter le 15 mars le duc d’Enghien. Condamné à mort par une commission spéciale, il est aussitôt fusillé.

Le 2 août 1802, Napoléon Bonaparte, au faîte de sa popularité, se fait élire consul à vie. Le Sénat ratifie la Constitution de l’an X qui consacre la toute-puissance de Napoléon Bonaparte.

Le 18 mai 1804, Napoléon Bonaparte se fait proclamer empereur des Français et prend le nom de Napoléon Ier. Il est sacré le 2 décembre par le pape Pie VII en la cathédrale Notre-Dame de Paris. 

Napoléon est convaincu que la seule manière d’obtenir une paix durable est de mettre hors d’état de nuire les Anglais. sa flotte franco-espagnole se font surprendre par les Anglais au large de l’Espagne. Ils sont anéantis par les navires anglais à Trafalgar le 21 octobre 1805. L’Empereur délaisse ses ambitions d’invasion de la Grande-Bretagne et part avec la Grande Armée pour l’Autriche. Il remporte une grande victoire contre l’Autriche et la Russie à la bataille d’Austerlitz le 2 décembre 1805. le Tribunat (assemblée créée en 1800 pour discuter les lois) soumet une proposition à l’Empereur pour que ce dernier se fasse désormais appeler « Le Grand ». Napoléon Ier accepte et devient Napoléon le Grand

Les 5 et 6 juillet 1809, Napoléon remporte la bataille de Wagram. Il signe ensuite un armistice avec l’Autriche. L’Empire de Napoléon est à son apogée. Il  s’étend sur 750 000 km². Sur le plan personnel, l’empereur Napoléon Ier divorce de Joséphine, épousée 13 ans plus tôt, pour raison d’État (elle ne lui a pas donné de descendant).  Le 2 avril 1810, il épouse Marie-Louise, 18 ans, fille de l’empereur d’Autriche François Ier et petite-nièce de la reine Marie-Antoinette. Napoléon Ier voit dans ce remariage une ardente nécessité : obtenir l’héritier que Joséphine, la première impératrice, ne lui a pas donné et unir sa dynastie naissante aux familles régnantes d’Europe.

Cinq semaines après avoir quitté Moscou, les troupes napoléoniennes, harcelées par les cosaques du maréchal Koutouzov, se retrouvent face à un obstacle de taille : la rivière Bérézina. Le seul pont permettant de la traversée a été détruit par les Russes. La Grande Armée construit des ouvrages de fortune et 500 000 hommes réussissent à échapper à l’ennemi. Mais les troupes sont déjà décimées par le froid et la faim. 300 000 soldats sur 700 000 rentreront en France. La retraite se transforme en déroute. C’est de cet événement que provient l’expression « C’est la Bérézina !« . La Grande Armée presque totalement anéantie, les ennemis de Napoléon savent que l’Aigle est en position de faiblesse. Ils forment une sixième coalition.

Après plusieurs batailles contre les armées russo-prussiennes tantôt favorables tantôt défavorables à l’Empereur, Napoléon Ier est vaincu à Leipzig le 19 octobre 1813 lors de la Bataille des nations. Il est contraint d’abdiquer le 6 avril à Fontainebleau. Il tente de se suicider avec du poison mais survit. Il est envoyé en exil sur l’île d’Elbe avec quelques-uns de ses fidèles. Le roi Louis XVIII est installé par les Alliés sur le trône de France.

Inquiet du sort de sa femme et surtout de son fils laissés aux mains des Autrichiens et devant le refus du roi de lui payer sa rente, Napoléon s’échappe de l’île d’Elbe pour rejoindre la France en mars 1815. L’armée censée l’arrêter se range sous le commandement de son ancien souverain. C’est le début de la période des « Cent-Jours » (20 mars – 22 juin 1815). Les puissances européennes se constituent à nouveau en coalition. Leurs troupes, deux fois supérieures à l’armée napoléonienne, écrasent Napoléon à Waterloo le 18 juin 1815. Il doit abdiquer pour la seconde fois.

L’empereur Napoléon Bonaparte est alors exilé sur l’île Sainte-Hélène (territoire britannique). Il y vit six années avant de mourir le 5 mai 1821, peut-être empoisonné. Dans son testament rédigé en 1821, Napoléon déclarait : « Je désire que mes cendres restent sur les bords de la Seine au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé« . A sa mort en 1821, Napoléon est enterré à Sainte-Hélène. C’est en 1840, sur la demande du roi Louis-Philippe, que le corps de l’ex-Empereur est rapatrié triomphalement et placé dans un tombeau aux Invalides à Paris.

Napoléon 1er apparaît aussi comme un être critiquable à maints égards.

Son insensibilité à la douleur humaine, son ascétisme et son peu d’appétence pour les plaisirs de la vie, la bonne chère et les femmes, le rapprochent de Robespierre, qu’il servit d’ailleurs avec zèle dans sa jeunesse.

Son ambition, tout entière asservie à sa propre gloire, a eu un coût élevé qui lui a valu le surnom de « l’Ogre » : au total environ neuf cent mille morts du fait de ses guerres (note). Elle l’a entraîné dans des entreprises néfastes et sans nécessité, comme en particulier la reconquête du pouvoir après son premier exil sur l’île d’Elbe (les « Cent Jours »).

Bonaparte a aussi manifesté des préjugés racistes en avance sur son temps comme le montrent le rétablissement de l’esclavage en 1802 et plus encore le mauvais sort fait au général mulâtre Alexandre Dumas, le père de l’écrivain.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Napoléon Ier de Wikipédia en français (auteurs)